Giovanni, 3D Animator à Vancouver

Diplômé depuis 2014 en Cinéma d’Animation 3D, Giovanni Gasparetto s’est envolé vers le Canada avec sa soif d’aventure pour y trouver du travail dans l’animation.


Vancouver

ISART BLOG : Bonjour Giovanni. Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de l’animation 3d ?

Plusieurs chemins m’ont mené vers l’animation. C’est en classe de première que j’ai réalisé mon premier court-métrage d’1 minute sous flash. Je ne connaissais rien au principe d’animation, on pouvait dire que c’était de l’animation straight ahead, sans cohérence dans les proportions.
Le projet se nomme Piwooz : c’est un petit personnage qui vit dans la tête d’un humain, et qui est sa conscience, bref assez proche d’Inside out de Pixar mais 7 ans plus tôt ☺. C’était une expérience géniale de travailler 1 mois sans relâche, de réaliser un projet après les cours en plus des devoirs… Une fois le résultat fini, j’ai découvert que je pouvais créer une histoire qui n’existe que dans ma tête et donner des émotions à un personnage. C’était tellement dur, mais c’était magique.
Et depuis tout petit, je crée des jeux vidéo avec un ami sous Flash pour commencer, puis sur Unity. Comme nos jeux avaient besoin d’animation, je m’y suis mis.
Et ma direction vers l’animation 3D ? Elle est très simple. Je suis meilleur à manier une souris qu’un crayon.

IB: A quel moment tu t’es dit « je veux en faire mon métier » !

Je ne me suis jamais dit que je voulais en faire mon métier. Mais la meilleure façon de gagner sa vie est de trouver un job dans ce que l’on aime. Alors, je me devais de trouver un métier en animation 3D !

IB: Quelle est ta situation professionnelle actuelle ?

Je suis en ce moment 3D animateur à Rainmaker, sur Barbie movie. Je travaille enfin sur des films d’animation. Acting, Acting, Acting!
Contrairement à ce que l’on peut trouver sur youtube, la qualité de ce film est vraiment haute. Ce qu’il y a d’intéressant,  c’est que j’ai des scènes avec 8 personnages à animer, des chevaux, des chiens, des humains. Tous en train de bouger et parler en même temps !
Ce qui est génial, c’est que je n’avais jamais vraiment fait beaucoup de LipSynch, à part à ISART dans le cadre de mon court-métrage. Du coup c’est un sacré entrainement puisque, dans Barbie, les personnages parlent à chaque plan. Il n’y a aucun plan, ou presque, dans lequel tu peux te contenter d’un acting (à part les scènes d’action…).

Avant cela, j’ai travaillé sur «Superman vs Batman» pour MPC à Vancouver et également sur «Goosebumps» dont j’ai dû refaire des plans peut-être 100 fois. Certains plans peuvent être travaillés des mois avant d’être approuvés. A mon avis, il ne faut pas être d’un tempérament déprime dans ce métier ☺


Superman vs Batman – MPC

MPC est Génialement FUN! J’ai fait un plus petit studio à Vancouver également avant MPC, et c’était tout autant génial. Ce sont les gens qui y sont qui rendent le studio top et c’est mieux de ne pas être trop timide.

IB : Quel est ton quotidien au sein du studio ?

J’arrive vers 9 heures. Je check mes emails pour voir si j’ai des feedbacks ou des shots approuvés par mon superviseur ou le réalisateur. Je vais remplir ma bouteille d’eau, je fais 50 pompes sans les mains, et je m’assieds sur ma chaise de compétition pour 8 à 9 heures. Je commence à travailler sur mes shots, fais des vidéos références dès que j’en ai besoin. Le superviseur vient faire le tour de l’open space pour parler et s’assurer que tout va bien. J’essaie de les habituer aux blagues françaises, mais ils sont encore timides 🙂

2 fois par semaine c’est Soccer Time, et le soir let’s go to the GYM. J’adore cette ambiance de travail, de cohésion de groupe. Si je devais résumer mon job, c est HAVE FUN and HARD WORK.

IB : Est-ce qu’il y a quelque chose qui t’a surpris quand tu as commencé à travailler à Vancouver ?

Eveything is Awesome! Les gens sont méga polis et tout le monde est amical. Ça ne devrait pas surprendre, tant ça semble normal d’être comme ça…. Ah oui, l’anglais aussi! Personne ne m’a jamais rien dit sur mon anglais. Les aprioris des Français… ☺

IB : Comment vois-tu ton avenir professionnel ?

Soyons fou, visons la prochaine galaxie! J’aimerais travailler pour Disney et réaliser des films d’animation.
Quand ces 2 étapes seront cochées (dans 50 ans ☺), je passe ma vie en extérieur à aider les animaux.
En attendant, c’est très sympa de découvrir de nouvelles prods. Il faut partir à l’aventure, ne pas avoir peur de découvrir de nouveaux studios. C’est sûr qu’à chaque fois, il faut refaire ses preuves, montrer qui on est … mais au bout d’une ou deux semaines, tout est ok, et les gens sont tellement sympa.
Je suis actuellement en train de faire des recherches pour profiter d’un PVT pour l’Amérique du sud. J’ai vraiment envie d’en profiter, c’est le moment ou jamais !

IB : Des souvenirs de tes années d’étudiant ?

Tranquillité, vacances et piscine…Mais non ☺ En vérité…une vie sociale égale à zéro. Mais c’était pour le meilleur☺. Notre professeur principal nous disait que l’école nous prépare à devenir des Freelances mais elle nous prépare également à gérer notre vie avec les métiers de l’animation. Pourquoi ? Car nous sommes dès le début en alternance, mi Cours et Mi Entreprise.
On nous apprend à devenir autonome, à trouver du travail, à se tenir au courant TOUT le temps des postes à venir. Ensuite il faut apprendre à gérer le travail que l’école nous demande après le job. Pour ma part, j’avais déjà l’habitude de travailler comme cela depuis très jeune donc ce n’était pas le plus difficile.

Pour découvrir ou revoir le film de fin d’études « My father, Excalibur and me », réalisé par les élèves de Cinéma Animation 3D : J.-P. Bernard, F. Branet, J. Burge Catinot, K. Chindavong, G. Gasparetto, S. Lemoine, J. Setbon et T. Weber et de Music & Sound Design : V. Battaglia et M. Ferrieu

La découverte pour moi a été le travail de groupe. J’ai longtemps pensé que c’était mieux de faire un projet par soi-même blablabla… Mais en fait, le projet en groupe permet de contrôler ses émotions au sein d’un groupe et inversement. Car dans tous les studios, on travaille dans des open-spaces, et celui ou celle trop individualiste est très vite écrasé(e) ou disparaît…
Dédicace à ma classe et nos Profs! Merci pour tous les moments de OUFS et de SURPRISES! Je me marre à chaque fois que j’y repense. De très bons souvenirs et la fierté de partager notre film de fin d’études. C’est comme si on avait fait une guerre ensemble, tous dans la même galère et on rentre tous vivants, c’était vraiment cool comme sensation !!

 

Pour découvrir le dernier court-métrage personnel de Giovanni Gasparetto, réalisé avec Nicolas de Ferran (Alumni ISART Music & Sound Design) :