« Cadavre Exquis Animé » du Carrefour de l’Animation

Boris est en dernière année de Cinéma d’Animation 3D. Il a participé au « Cadavre Exquis Animé » pendant le Carrefour de l’Animation : trois jours pour réaliser en public une œuvre collective, aux cotés d’autres écoles françaises.

ISART BLOG : Qu’est-ce qu’un cadavre exquis exactement ?

Boris : Un cadavre exquis c’est un exercice, un jeu de groupe. La première personne commence un dessin, une phrase ou autre, et les personnes suivantes doivent venir le compléter sans voir ce qui a été fait avant. Dans notre cas il s’agissait d’une boucle d’animation. En général on obtient des trucs assez tordus, qu’on ne pourrait pas faire tout seul. Le résultat, souvent drôle, est assez intéressant.

6 Isartiens en Cinéma d’Animation, 2ème et 3ème année, ont participé à l’édition 2012.

IB : Pourquoi avoir eu envie de participer au Cadavre Exquis animé ?

C’était l’occasion de voir autre chose que le court métrage de fin d’études, sortir la tête du guidon travailler avec d’autres personnes, et rencontrer les autres écoles, voir ce qui s’y fait, comment on y travaille…

IB : Quelle préparation y-a-il-eu en amont ?

Quand nous avons eu connaissance du sujet, nous nous sommes réunis deux heures quelques jours avant pour savoir vers quoi on partirait. Nous sommes arrivés sur place avec juste une idée générale.
Le thème, c’était une œuvre de Quino (créateur de Mafalda) : une table d’opération en forme de planche à découper. Il y avait pas mal d’interprétations possible, et les participants sont parfois partis assez loin !

Nous avons choisi de nous orienter vers les OGM. L’idée est de Clémentine (également en 3ème année de cinéma d’animation 3D). Elle connait bien l’œuvre de Quino.
Nous avions trois jours pour réaliser un court métrage de 10 secondes environ. Nous avons hésité à le faire en 2D ou 3D. Au final, nous nous sommes dit que ce serait mieux de mettre en application ce qu’on a appris à faire. Nous nous sommes donc tournés vers la 3D.
La répartition du travail s’est faite assez naturellement, certains étaient plus à l’aise avec le board, les shaders etc.
Pour ma part, je me suis occupé de modéliser les personnages, enfin le personnage qu’on a dupliqué, et de le « rigger » (avec un auto-rig) et de le skinner. J’ai animé et monté aussi, mais ça on a dû tous le faire !

IB : Quelle était l’ambiance ?

C’était assez détendu malgré le chrono, et sans esprit de compétition.

Les deux premiers jours, nous étions assez sereins, juste une montée de pression sur la fin à cause de soucis de rendu et d’export.
La vraie pression venait du public, c’était ouvert à tout le monde et les gens ne se gênaient pas pour commenter !

IB : Qu’as-tu appris durant ces trois jours ?

La débrouille surtout !
Nous nous sommes lancés dans pas mal de choses qu’au final nous ne savions pas faire !
Du coup, à la fin, on se retrouve à jouer les voleurs de poules pour éviter de perdre du temps sur des broutilles !
Mine de rien c’est vraiment instructif !Et puis c’est une autre atmosphère de travail, quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de faire, et peu l’occasion aussi !

IB : Un petit mot sur ton projet de fin d’études ?

Je travaille sur « Quand Edgar rencontre Sally », l’histoire d’un looser qui décide de braquer une banque alors qu’il n’a pas les épaules, braquage pendant lequel il va rencontrer sa belle : Sally.
On attaque le gros rush avant la fin, en juillet. On commence l’animation et il nous reste un paquet de trucs à faire en 4 mois !

IB : Que souhaiterais-tu faire une fois diplômé ?

Je ne suis pas fixé sur le poste idéal, je me régale autant en storyboard qu’en modeling, en animation, en rendu etc. (même si mes compétences varient largement d’une discipline à l’autre).
Après pour le studio… peu importe pour le moment. J’ambitionne les grands comme Universal, Sony, Dreamworks ou Disney/Pixar sur le long terme, mais en sortie d’études, simplement bosser sur un long métrage d’animation… ce serait génial !