Voyage au Japon 2012

Chloé, Antoine, Micael, Thomas et Romain sont en deuxième année de Game Design.

Ils ont profité du partenariat franco japonais ISART DIGITAL/NCC pour partir un mois au Japon, avec 6 autres Isartiens. Leur voyage les a mené de Niigata à Tokyo, avec le Tokyo Game Show pour les derniers jours !

ISART BLOG : Pourquoi avoir eu envie de partir au Japon ?

Chloé : Je rêvais de partir au Japon depuis toute petite. J’ai grandi avec des héros tels que Naruto ou Ryo Saeba (Nicky Larson) mais j’ai aussi découvert les jeux vidéo avec Pokemon… Des petits détails qui ont fait que je m’intéresse à la culture japonaise depuis des années.
Antoine : C’est un voyage qui m’impressionnait et me faisait envie à la fois. Le Japon est à 10 000 km, et à peu près autant en distance d’un point de vue culturel. Je ne savais pas vraiment ce que j’allais trouver là-bas. Au final c’est un bon moyen de s’ouvrir l’esprit, de nourrir l’imagination, et puis, le dépaysement, c’est déjà une aventure en soi.
Micael : Je ne pensais pas que, directement après le lycée, j’aurais pu partir si loin, et surtout dans un pays que j’ai toujours voulu découvrir. Ce qui m’a attiré, et qui m’attire encore après y être allé, c’est avant tout la culture, qui est très différente de la nôtre. C’est le fait que les valeurs fondamentales comme le respect d’autrui, la politesse, la droiture, etc, soient tellement ancrées en chaque personne que toute la société s’en voit changée (rues extrêmement propres, métro idem…).
Thomas : J’avais bien envie de visiter ce pays et d’observer sa culture de plus prêt. Je suis assez fasciné par l’histoire et la culture traditionnelle Japonaise et ce voyage était un excellent moyen d’en apprendre plus sur le sujet. J’étais très curieux de voir le « vrai » Japon par opposition à l’image qu’on en a dans les mangas et animes.

IB : Quelle a été votre première impression une fois arrivés au Japon ?

Chloé : Les kanji ! Partout, partout des kanji ! (caractères d’écriture japonaise) Je savais lire les hiragana (l’un des trois alphabets japonais ) et les katakana (utilisés pour transcrire des noms propres étrangers, termes scientifiques…),  et je pensais que ça suffirait pour me débrouiller à peu près… Mais en fait, les Japonais utilisent beaucoup plus de kanji que je ne pensais !
Antoine : Tokyo est une ville très jeune, mais déjà tentaculaire, et on n’en fait pas le tour en une semaine. C’est intéressant à visiter, mais trop frénétique, trop de lumière tout le temps, de gens partout, au milieu de buildings froids et impersonnels… J’ai toujours préféré les villes plus calmes, et les milieux naturels en général. Niigata était parfait pour ça. D’ailleurs on n’y faisait pas véritablement de tourisme, mais on y menait une sorte de tranche de vie. Une façon de voyager que je ne connaissais pas tellement.
Romain : La première chose qui m’a surpris c’est la chaleur humide qui régnait. Ensuite, c’est la politesse presque excessive des Japonais qui intervient dans toutes leurs relations sociales.
Thomas : Ce qui m’a surpris en arrivant au Japon, c’est de me retrouver dans un endroit aussi exotique. En effet, il y avait très peu d’étrangers, tout est écrit en kanji ou en hiragana ce qui est extrêmement déroutant et très peu de gens parlent anglais. J’avais vraiment l’impression d’être sur une autre planète !

IB : Et ce qui vous a dérouté ?

Micael : Le regard que les gens avaient sur nous. Nous étions les « Gaejin » (étrangers) et nous avons pu remarquer deux types de comportement à notre égard : des regards insistants et qui dévisagent car nous sommes loin de ce que les Japonais connaissent, ou alors des échanges très faciles car beaucoup d’intérêt et de curiosité «comprenez-vous la langue ? pourquoi vous êtes ici ? qu’aimez-vous au Japon ? etc… »
Chloé : L’heure à laquelle se couche et se lève le soleil. Il faisait jour dès 4h30 et nuit dès 18h00 ! Même si on s’y habitue vite, ça déroute assez les premiers jours.
Thomas : La nourriture Japonaise m’a beaucoup dérouté au début, et il m’a fallu un peu de temps avant de m’y habituer, même si j’ai fini par vraiment l’apprécier.
Les gens aussi qui étaient très timide vis-à-vis de nous, mais aussi souvent très curieux. C’est un sentiment vraiment étrange de se rendre compte que la plupart des gens nous dévisageaient dans la rue, j’ai eu du mal à m’y habituer personnellement.

IB : Et qu’appréciez-vous particulièrement au Japon ?

Chloé : J’aime tout ! Cela va des jeux vidéo, bien sûr, à la musique en passant par l’architecture et la culture japonaise en général.
Micael : J’ai apprécié énormément de choses, tant la culture, l’architecture que la façon de vivre des gens. Tout le monde est tout le temps joyeux, tout semble toujours très simple et il fait extrêmement bon vivre.
Antoine : Pas de déchets dans les rues (ni de poubelles d’ailleurs, c’est le tour de force), les gens parlent avec le sourire, font des efforts pour nous comprendre… Le niveau de discipline des Japonais est vraiment impressionnant ; et parfois même trop extrême : toutes ces subtilités de langage, le fait qu’ils ne sachent pas dire non, l’organisation des sorties et la préparation des événements au carré… Et puis, je citerai encore une fois l’exotisme du Japon, et avec une ville aussi peu touristique que Niigata, on était vraiment « seuls parmi les autres » ! Bon j’exagère, il y avait aussi nos « sempai », d’anciens élèves d’Isart qui étaient là-bas pour un an, deux ans, parfois une vie, et sans qui il n’y aurait pas eu la même ambiance, et tout un tas de choses n’auraient pas pu se faire. On passe le salut à Josselin, Virgile, Antonin, Florian et toute la bande !
Thomas : Je suis tombé amoureux de la nourriture Japonaise, surtout des ramens que j’ai découvert sur place. J’ai aussi beaucoup apprécié les temples et autres bâtiments traditionnels japonais qui avaient un coté exotique très agréable. Enfin comme je l’ai déjà dit l’histoire japonaise me fascine et visiter les musés japonais était particulièrement agréable.

IB : Les échanges avec les Japonais étaient-ils faciles ?

Micael : Au départ nous n’avions des échanges qu’avec les professeurs, et les quelques commerçants que nous rencontrions. C’était pour moi très difficile parce que je débutais, mais nous avons pu vite acquérir de bonnes bases pour communiquer simplement. Les professeurs répétaient et simplifiaient au maximum leurs phrases de façon à ce que l’on puisse bien comprendre. Au fil du temps, nous avons pu demander notre chemin, commander nos repas, parler de nos activités etc, et rapidement les échanges se sont simplifiés et sont devenus de plus en plus intéressants.
Antoine : Je n’ai pas suivi les cours du soir de Japonais organisés à Isart (impair que je réparerai cette année), d’autant que mes maigres notions de Japonais étaient bien rouillées à mon arrivée. Mais on réussissait quand même à se faire comprendre. Une fois, lors d’une rencontre avec les élèves de NCC, il y a eu, je ne sais pas, comme une intervention divine. Moi et une autre Isartienne du groupe, on était parvenu à parler avec l’un d’eux, sans trop de temps morts. Je ne dis pas que la discussion volait très haut, mais on parlait presque à bâtons rompus, il faut se rendre compte !

Chloé : Ma maîtrise du japonais est encore très loin d’être parfaite mais elle suffisait pour les conversations courantes. Et puis lorsqu’on entend une langue tous les jours, on fait très vite des progrès. J’ai aussi acheté un dictionnaire électronique au début de mon séjour, il m’a beaucoup aidé.
Thomas : Non, ils étaient même assez difficiles. C’était dû à mon faible niveau de japonais, et au fait que les Japonais que j’ai rencontrés étaient en général très timides. A cela, vient s’ajouter le fait qu’en général, ils ne parlent pas bien anglais. Sur la fin du séjour, j’étais capable de me faire comprendre, mais ça n’a pas été facile.

IB : Sur place, quel était votre emploi du temps ?

Micael : Pendant les 4 premières semaines, à Niigata, nous avions cours à l’école internationale AIR de 9h30 à 13h du Lundi au Vendredi. Et toute l’après-midi de libre pour faire ce que nous voulions. Des fois, l’après-midi était réservée à une activité organisée par l’école. Pour la 5e et dernière semaine, qui s’est passée à Tokyo, nous avions toute la journée de libre pour faire ce que nous voulions tandis que le Jeudi et le Vendredi étaient réservés au Tokyo Game Show.

IB : Quelle activité as-tu préféré ?

Micael : Mon activité préférée à été le Zazen, qui était une sorte de méditation de 40 minutes dans un temple. Il fallait essayer de « faire le vide », de « réfléchir sur soi-même » tout en respectant un code et une posture très stricte, et si l’on bougeait trop par exemple, et bien le moine nous donnait un coup dans le dos avec une longue canne en bambou. C’est ma préférée parce que c’est celle qui était la plus « typique » et totalement nouvelle par rapport aux autres. Ça m’a beaucoup marqué et j’en garde un souvenir précieux.
Antoine : Pour la petite anecdote, l’odieux moine en question, à la fin, nous a demandé de lever la main si on trouvait que 45 minutes de Zazen, c’était trop pour une première fois. Il y avait quelques Japonais avec nous, ils ont tous levé la main franchement… et nous, on ne comprenait pas ce qu’il racontait, donc on a laissé la main baissée. Quand j’y repense, on a dû nous prendre pour des guerriers. Ou de gros prétentieux, au choix.
Chloé : Le Omatsuri est ce qui m’a le plus marqué. Il s’agit d’une fête pendant laquelle les japonais dansent tous ensemble. Sentir l’énergie et la bonne humeur de tout le monde durant cette danse était vraiment une expérience inoubliable.
Romain : J’ai préféré les rencontres avec les japonais, ce qui m’a permis non seulement d’améliorer mon niveau mais d’en apprendre plus sur la mentalité nippone.

IB : Vous avez fait des découvertes au Tokyo Game Show ?

Chloé : J’ai découvert beaucoup de jeux dont je ne me rappelle pas tous les titres mais j’ai pu tester Gyakuten Saiban 5 (Phoenix Wright 5) ainsi qu’un jeu basé sur la licence Medarot et bien sûr pas mal de jeux étudiants.
Antoine : Il y avait énormément de jeux typiquement japonais, développés uniquement pour le Japon. Il y avait de quoi piocher quelques pépites qui nous étaient complètement inconnues.
Micael : J’ai pu découvrir, entre autres, Metal Gear Rising : Revengeance, Resident Evil 6, DMC : Devil May Cry et enfin The Unfinished Swan. Aucun ne m’intéressait particulièrement sauf le dernier, qui m’a mis une grande claque !
Romain : J’ai pu voir les prochains jeux du studio Level5, par exemple Fantasy Life sur 3DS.

IB : En quoi ce voyage va-t-il / peut-il avoir une influence sur votre travail de game designer ?

Antoine : C’est évidemment une formidable source d’inspiration pour un métier qui fait en partie appel à l’imagination et à la créativité, comme le Game Design. A terme, j’aimerais retranscrire des expériences, des vécus, des sensations à travers un jeu dans lequel il serait question de voyage. Car malheureusement, dans notre monde réel, où qu’on aille aujourd’hui, même dans les endroits les plus isolés, il y aura toujours des gens qui seront passés là avant nous. D’où viendraient-ils? Que feraient-ils ici? En vérité, on le sait déjà. La nature vierge n’existe pas, c’est une invention romanesque. Faire renaître cette idée à travers un jeu est l’un de mes objectifs à long terme. Et si dans 10 ans le hasard fait que je ne travaille plus dans le jeu vidéo, alors je me serai sans doute reconverti en touareg dans un désert du Moyen-Orient !
Chloé : Ce voyage m’a conforté dans l’idée que j’aimais réellement le Japon, au point de vouloir m’installer là-bas. Donc cela aura un impact capital sur ma carrière professionnelle puisque que je compte bien y travailler dans quelques années !
Micael : Outre le fait qu’il me permette de rajouter un point original et non négligeable sur mon CV, je pense que ce voyage m’aura permis de voir comment étaient conçus les jeux vidéo là-bas (pas de Game Designer à proprement parlé mais une spécialisation des Game Artists/Programmeurs, une création d’absolument tous les éléments du jeu, y compris le moteur etc…), ce qui était très intéressant et me sera sûrement utile pour voir les différences avec nos méthodes.
Romain : C’est une expérience unique et capable d’inspirer beaucoup de mes futurs concepts. Cela permet d’envisager des solutions sous un autre angle, les discussions sur la manière de travailler des Japonais m’a fait réfléchir sur l’industrie actuelle, au Japon et dans le monde.
Thomas : Grâce à ce voyage, j’ai pu découvrir des gens et une culture très différente de la mienne. J’ai aussi mieux compris le jeu vidéo japonais et ce qui intéressait ses joueurs. Enfin l’apprentissage du Japonais ne peut être qu’un plus dans ma carrière future.