Thibaud a lancé son 1er jeu Ipad multijoueur

Thibaud Mallet, ancien étudiant en Game Design à ISART, vient de créer son studio de jeu vidéo.
Il nous a convié, en juin, à la soirée de lancement de son premier jeu Ipad : Wepad !

Isart Blog : Hello Thibaud, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai toujours su que je vivrais un jour de mes idées. Après avoir fait des études de design industriel et tenté ma chance en tant qu’inventeur, j’ai opté pour un secteur en perpétuelle réinvention : le jeu vidéo.
J’ai donc suivi la formation Game Design d’Isart Digital de 2004 à 2006.
Après deux ans de cours et mon stage chez Wizarbox, notre projet de fin d’année, Kabuki, a séduit les recruteurs.
J’ai donc rejoint Eden Games. Ma mission principale fut le réglage des véhicules et l’intégration d’éléments physiques liés aux véhicules (destructibles). J’ai ensuite travaillé pendant deux ans chez Montecristo. Mon rôle fut de régler les centaines de paramètres de leur jeu phare Cities XL. Le jeu remporta un honorable 68% sur games ranking mais coula Montecristo. Le jeu était prévu pour être massivement multi-joueur et le nombre limité de joueur ne suffirent pas à couvrir les frais de serveur.

IB : Comment a germé l’idée de monter ton studio?

La fermeture d’une entreprise est toujours l’occasion pour de nouvelles entreprises de naitre. Nous avons décidé, avec d’anciens collègues de Montecristo, de tenter notre chance. Le marché iOS est actuellement celui qui offre le plus de chance de se lancer  pour une petite entreprise : les frais sont limités et le marché est grand. Encore faut-il sortir du lot des centaines d’applications qui sortent chaque jour. J’ai commencé ma collaboration avec Patrick Marchal, mon ancien chef de projet chez Montecristo, avec pour objectif de créer des jeux éducatifs. Nous devions produire un jeu pour tester la production de jeu sur iPad avant de nous lancer. Le jeu que nous avons fait, WeTron, était tellement prometteur que j’ai décidé de créer mon entreprise pour le développer. J’ai du coup travaillé sur deux projets : Wepad (ma boite) et Dragonbox de WeWantToKnow (je ferai un petit aparté en fin d’interview pour en parler).

IB : Et donc comment se sont passés la création et le développement de ton studio Wepad ?

Nous avons commencé à travailler un peu partout : chez nous, dans un studio inoccupé…
Nous sommes actuellement hébergés dans les locaux de WeWantToKnow. L’avenir de l’entreprise Wepad est un pari. Nous avons sorti notre premier jeu le 7 Juin et l’accueil du public déterminera si l’aventure continue ou pas. Nous avons signé un contrat de publishing avec Bulkypix qui nous fera profiter de son réseau en échange d’un pourcentage sur les ventes.

Si Wepad Party 1, notre premier jeu, doit rencontrer un succès, je pense qu’il le devra principalement à ses qualités ludiques car nous n’avons pas de moyens marketing à investir pour le faire connaitre. Ce qui me donne le plus d’espoir : on achète en général une application qu’un ami vous a montrée. Comme Wepad Party 1 peut se jouer à huit joueurs en même temps, on peut espérer une meilleure diffusion par bouche à oreille qu’un jeu solo. L’avenir nous dira si cela sera le cas.

IB : Peux-tu nous parler du jeu que tu as créé ?

Il y a des jeux qui ont marqué notre jeunesse : Worms, Super OffRoad, Micro Machine, Bomberman, Powerstone… Je me suis toujours demandé pourquoi ces jeux, qui nous ont procurés tant d’heures de plaisir n’ont pas plus été copiés ou développés. Surement la course à la puissance, la difficulté pratique et financière d’avoir plusieurs manettes et les adaptateurs ad hoc. La vague des « party games » relancés par la Wii ont montré leur potentiel mais n’ont pas laissé assez de place au « skills » : trop enfantins à mon goût.

Toujours est-il que j’ai toujours eu envie de produire ce genre de jeu simple et tellement fun.
Quand j’ai découvert l’iPad et sa possibilité de gérer onze doigts simultanés, j’ai tout de suite vu une opportunité. Le multi-joueur, en local, va devenir -c’est mon pari- un style de jeu majeur des tablettes. Et comme les tablettes sont l’avenir du PC, les possibilités de croissance sont énormes. J’espère donc être en position pour occuper un marché majeur qui est encore sous-exploité. Un peu comme Zynga à son lancement ?
Au-delà du rêve de succès mirobolants, c’est avant tout une histoire d’artisan. Faire un jeu qui me plait. Un jeu dont je peux être fier et auquel j’ai encore envie de jouer même après des mois de développement (ce qui n’arrive que rarement, ce que vous diront beaucoup de professionnels du jeu vidéo).  Si je parviens à vivre de ma passion, je serais le plus heureux des hommes. J’ai encore beaucoup de mini-jeux Wepad à produire.
Mais venons-en au jeu lui-même. Wepad Party 1. Il s’agit d’un jeu contenant 3 mini-jeux jouables jusqu’à huit joueurs en simultané.
Le premier jeu WeTron est inspiré des courses de moto de Tron et du classic « serpent ». Chaque joueur pilote un vaisseau qui trace une ligne derrière lui : celui qui arrive à éviter les lignes des autres et la sienne le plus longtemps gagne.
Le second jeu, WeDrift est inspiré d’OffRoad et de Micro-machine. Il s’agit d’une course de voitures sur glace : à huit c’est le délire garanti ! Même à deux, avec des As, il y a de quoi passer de bon moments avec un ami à savoir qui est le meilleur.

Le troisième jeu est une adaptation de Jungle Speed. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit de comparer des images : si ton image est la même que celle d’un autre, le premier à appuyer sur le bouton action « !!! » gagne. Un jeu qui met les nerfs à rude épreuve 🙂

Ces jeux et les suivants (nous développons à l’heure actuelle le deuxième opus) respectent la même structure : huit joueurs autour de l’écran, un gameplay à un doigt, des statistiques qui montrent sur une partie comme sur une soirée, qui est vraiment le meilleur.

IB : Que représente pour toi les années ISART?

Ce fut l’occasion d’apprendre de bonnes bases pour mon métier et d’expérimenter : profitez bien de la liberté qu’il vous est offert avec la production de votre maquette, c’est une liberté qui est rare dans cette industrie.

IB : Quel regard portes-tu sur ton projet de fin d’étude Kabuki avec le recul ?

Notre projet de fin d’année, Kabuki, fut un demi-succès à mes yeux.
– L’univers était cohérent et novateur : un duel de Samuraï dans une arène-théatre japonais. La musique et l’ambiance était excellente.
– Le  système de jeu était intéressant : des piliers sortaient du sol pour transformer l’air de combat en labyrinthes plus ou moins complexes et des items à récolter permettaient de spécialiser son avatar en force, défense, puissance ou vitesse pour terminer sur une transformation à la « Altered Beast ».
– Ce qui a péché : le contrôle et la caméra. Nous avons essayé de trop innover sur ce domaine et nous n’avons pas assez testé les autres possibilités : le jeu était finalement assez peu jouable. Il nous aurait fallu trop de temps pour rectifier le tir.

IB : Qu’aimerais-tu dire aux étudiants actuels, en tant qu’ancien d’Isart qui s’est confronté au monde professionnel avant de créer son studio?

Le seul conseil que je pourrais donner c’est de produire. Organisez-vous entre amis ou apprenez à coder et à faire des assets vous-même. Un proto sympa en entretien vaut mieux qu’un long discours. WeDrift est issu d’un prototype personnel par exemple. Et n’hésitez pas à voyager si vous en avez la possibilité  😉
Quelques infos en vrac :

    • Nous avons utilisé Unity pour le développement
    • Nous utilisons google docs pour la documentation
    • Nous avons réalisé plus de 650 tâches pour accomplir notre premier jeu
    • Notre graphiste free lance s’appelle Manuel Thiebaux
    • Aucun animal n’a été blessé durant la réalisation du jeu

IB : Un petit mot sur Dragonbox de WeWantToKnow?

J’ai participé au développement de Dragonbox (game design et le level design), un jeu innovant qui a pour but d’enseigner l’algèbre. Contrairement aux autres jeux éducatifs qui se contentent de faire réviser, il s’agit ici d’apprendre. Et cela marche ! Des enfants qui n’ont jamais vu d’algèbre, dès l’âge de huit ans, apprennent en quelques heures à résoudre des équations de niveau terminale !

Déjà en vente : http://dragonboxapp.com/ A suivre !
Et voici le lien vers l’appstore :  http://bit.ly/Mxn9WE